Le rêve de la bourse

July 18, 2019

Est ce que la bourse est la meilleure solution ? Entre le cout d'introduction, et la volatilité des marchés (pas toujours justifiée pour cette taille de société), pas sur cela soit la solution la mieux adaptée. Je crains que Philippe Tibi n'est une vision un peu trop "idyllique" d'un parcours boursier.

 

Article du Figaro du 19/07/2019

 

Pour aider les entreprises françaises innovantes à lever des fonds, le rapport de l’économiste Philippe Tibi préconise de transformer l’investissement dans le secteur technologique grâce à la multiplication de fonds late stage et «global tech», pour un total de 20 milliards d’euros.

Quelques chiffres éloquents pour poser un des problèmes que doit essayer de résoudre la France: parmi les grandes entreprises du CAC 40, la seule «jeune» société technologique s’appelle Dassault Systèmes. Aux États-Unis, les entreprises du secteur technologique représentent environ un tiers de l’indice S&P500. Dassault Systèmes, qui a récemment racheté l’américain Medidata pour 5,8 milliards de dollars, est aussi la seule française figurant dans le top 100 des entreprises numériques cotées de Forbes, contre 49 américaines et 14 chinoises. Comment améliorer le financement de marché des entreprises technologiques françaises et aider nos pépites à franchir la marche pour se transformer en champions mondiaux? C’est à ces questions que tente de répondre le rapport de l’économiste Philippe Tibi, remis ce matin au ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire.

L’enjeu est important: «c’est un sujet de souveraineté et la condition de la création des emplois de demain» explique Philippe Tibi. Augmenter considérablement le nombre d’introductions en Bourse et le montant des capitaux levés en faveur des entreprises innovantes situées en France contribuera à atteindre ces objectifs. «Le niveau de vie du peuple français est gagé sur la maîtrise collective des moyens de production modernes. La leçon des quarante dernières années est que le succès n’est pas garanti.» rappelle le rapport.

 

Le financement, facteur décisif

 

Or dans cette bataille, «le facteur financement est un facteur décisif. Sans financement, on ne fait rien, surtout dans un secteur technologique où bien souvent, seuls les deux premiers acteurs existent réellement» souligne Philippe Tibi. Face à la concurrence américaine et chinoise, la France a de sérieux atouts à faire valoir: une recherche de haut niveau, de bons ingénieurs, un bon niveau d’investissement en R&D, un état d’esprit entrepreneurial, surtout chez les plus jeunes, et l’accès à un grand marché européen ouvert. Malgré tout cela , force est de constater que les nombreuses start up françaises peinent à changer d’échelle et donc à devenir éligible à une introduction en Bourse en France. Pour les auteurs du rapport, cela résulte d’une «double défaillance de marché»: un manque d’offre et une faible demande de titres de sociétés technologiques.

D’abord, la croissance des start up est ralentie par le manque de financement en late stage (levée supérieure à 30-40 millions d’euros). «Les fonds français sont ainsi rarement capables de financer des tickets supérieurs à 30 millions d’euros. Or, la dernière levée permettant d’atteindre le statut de licorne dépasse généralement les 100 millions d’euros.». Le rapport préconise donc de disposer, d’ici à 3 ans, de 10 fonds late stage gérant chacun au moins 1 milliard d’euros. «Nous souhaitons réparer une défaillance de marché par des mécanismes de marché» précise Philippe Tibi. Pas question d’incitation fiscale ou d’autres types de leviers publics, cela passera par un travail de conviction, dans lequel les pouvoirs publics ont un rôle à jouer. «Nous sommes en train d’y travailler avec les investisseurs institutionnels français» et «nous pensons qu’à législation constante, nous pouvons déplacer plusieurs milliards d’euros» vers les entreprises en croissance, a expliqué en juillet Cédric O, le secrétaire d’État au numérique à la commission d’enquête du Sénat sur la souveraineté numérique.

 

Cinq à dix fonds «global tech», de l’ordre de 10 milliards d’euros

 

Une fois l’entreprise cotée, encore faut-il des actionnaires pour acheter les titres. Pour remédier au problème de l’actuel manque de demande, le rapport préconise l’émergence de fonds ouverts global tech. «Les fonds «global tech» ont une caractéristique commune: ils sont gérés par des professionnels experts des technologies, aptes à prendre des décisions d’investissement fondées sur des convictions et la compréhension des modèles économiques originaux des entreprises innovantes. Leur absence à Paris explique les décisions de cotation exclusive sur le NASDAQ des meilleures firmes françaises» explique le rapport. «Pour créer des fonds «global tech», il faut trouver de l’argent et des compétences. Plus précisément, d’ici à 3 ans, il faut viser le lancement de cinq à dix fonds, de l’ordre de 10 milliards d’euros et 50 gérants de portefeuille.» conclut la mission. Elle recommande de collecter les 10 milliards sous deux formes: à hauteur de 8 milliards d’euros auprès des investisseurs institutionnels et de 2 miliards d’euros auprès de particuliers. «Il faut promouvoir la French Tech comme un grand thème d’investissement au même titre que l’investissement socialement responsable (ISR) ou l’investissement solidaire» insiste le rapport. Pas question d’une action de charité, mais bien de convaincre des perspectives de retour financier intéressantes. «Imagine-t-on un le rendement d’un portefeuille d’actions bâti en 1950 en ignorant les secteurs de l’automobile, de la santé ou de l’aéronautique?» interroge Philippe Tibi.

«Les deux choses - fonds late stage et global tech - sont indépendantes» précise-t-il, mais il est important de le faire en même temps. «Ces fonds ne se créent pas instantanément, avoir des personnes compétentes prend du temps». Reste à voir ce que le gouvernement retiendra de ce rapport. «Je pense que le président de la République aura des annonces à faire à la rentrée, que je ne peux pas trop déflorer», a aussi indiqué Cedric O devant la Commission d’enquête du Sénat sur la souveraineté numérique.

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